Cache de chasse: pin et pruche; dessins muraux; écriture faite de fil de lin enroulé autour de fil de métal, 2 chaises et un banc, 3 trames sonores, lampes d'atelier.
Pour créer cette installation sonore, je me suis inspirée dexpériences de chasse marquantes vécues et racontées par trois femmes : André-Line Beauparlant, Sylvie Moreau et Whitney Foster.
Par nature imprégnées de fantasmes, les histoires de chasse se construisent en deux temps; vécues dans le plus parfait silence et souvent dans la solitude, elles se racontent ensuite à des interlocuteurs choisis, comme si la parole posthume venait poser un baume sur la tragédie, procurer une rédemption nécessaire. Le récit de chasse semble ainsi relever, en un sens, de la catharsis.
La chasse est certes une expérience intense, qui soulève des questions à la fois éthiques et philosophiques. Comment les femmes vivent-elles cette puissante rencontre avec la nature, à lissue de laquelle advient parfois la rencontre avec la mort? Quelles sont les motivations qui les poussent à chasser? Et enfin, quel est le sens de la chasse aujourdhui, alors que cette activité nest plus nécessaire à notre survie? Les réflexions de ces femmes nous offrent un regard de lintérieur, empreint démotion et de lucidité, sur cette activité hors du commun que certains considèrent comme un sport, dautres comme un rituel, dautres encore comme un art.
Comme la partie de chasse, cette installation se vit en deux temps; le temps du silence offre à voir des bêtes majestueuses tracées à même les murs de la galerie à laide de fil de lin blanc. Ce fil fluide et volatile forme des mots, des fragments de descriptions de bêtes qui, juxtaposées, laissent voir ces silhouettes surréelles qui apparaissent en ombres portées. Passé le moment du silence, en montant dans une cache de chasse qui se dresse dans la galerie, le spectateur peut, dans lintimité, écouter les histoires saisissantes de ces chasseuses de gros gibier et ainsi entrer avec elles dans le temps de la parole.